Ils sont passés par le collège

Vendredi 13 juin 2008
Blossom est depuis  le mois de  janvier au collège et  elle suit les cours avec la classe de  3e5 (voir ses textes). Elle nous fait découvrir sa ville, Melbourne.



        " Flinders St. Station ", la gare principale et un de ses nombreux tramways





                  " Royal Botanic Gardens ", un grand jardin





      " Brighton Beach " la vue de Melbourne de la plage de Brighton


 

 

" Degraves St. " rare photo avec de la pluie ; une allée avec beaucoup de boutiques australiennes, des cafés et des galeries d’art.







               " La fleuve Yarra " un soir et le CBD (centre des affaires)



 

           " Shrine of Remembrance " Un souvenir de la guerre







                    Le stade de Melbourne

 


Par dsetautres
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Lundi 26 mai 2008
 Le périple relaté est un voyage en 4x4 de Perth à Derby, soit environ 3500kms, réalisé en été 2006 (hémisphère sud oblige, janvier, février et mars sont nos mois d'été) avec Pauline (mon amie française et photographe), Andy (notre chauffeur et homme à tout faire, Australien), et Dallas (une amie aborigène qui fut notre guide et notre médiatrice en terres aborigènes).




                        Carnavon jetty. Carnavon est la capitale de la mangue.





Dans le noir de la nuit, maintenant bien tombée, il faut redoubler de prudence : les kangourous, aveuglés par les phares, peuvent se jeter à n’importe quel moment sur la route. Un choc avec un kangourou et notre 4x4 y passe. Dallas fait le co-pilote, observant chaque bord de route, chaque buisson. Elle nous fait ralentir à plusieurs reprises pour éviter l’animal sauteur qui, du statut de gentille bête « niaisotte », est passé à celui de vilain-destructeur-de-moteur.





        Des kilomètres de rouges, de jaunes, d’argentée, de terres brûlées, d’herbes desséchées, d’eucalyptus rabougris aux racines longues comme ses pattes à une araignée. Des kilomètres de bitume que la voiture avale inlassablement, que la chaleur engloutit inévitablement. De la fenêtre ouverte entre un air brûlant qui fouette ma joue.    

                   



                                 Sur la route







                               River







                                     Dales Gorge






                                Fortescue falls





Ce matin, réveil à 5h20 : on veut voir le lever du soleil sur Eighty Mile Beach. Mais qu’a-t-elle de si spécial cette plage ? C’est assez simple : elle est longue de 80 miles soit je ne sais combien de kilomètres mais pas loin de la centaine, le sable est blanc, et à marée basse, elle est large de plusieurs centaines de mètres. La température est encore agréable à cette heure matinale. La plage est d’une beauté à couper le souffle. On avance vers l’horizon où le soleil se lève peu à peu et filtre à travers les nuages. La lumière est remarquable. Nous ramassons des tonnes de coquillages en chemin, qui viendront agrémenter les massifs de plantes de Dallas. Certains ont des formes tout à fait insolites, rondes, et creuses, comme des ocarinas, une étoile et quelques points fossilisés à sa surface. J’en prends une bonne dizaine. En chemin, nous croisons la route d’un bébé tortue qui avance péniblement vers la mer, la liberté. On l’aide dans son épopée avant qu’il ne soit attaqué par les mouettes. Plus loin, ce sont une douzaine de cadavres de ses frères et sœurs et cousins qu’on comptera. Sur le sable, il y a aussi les traces de leurs mères, des dunes à la mer et de la mer aux dunes. En remontant leur piste, on arrive à leur nid, sous le sable.





                              Broome wharf




                              


                                    Beagle bay

Beagle Bay est une ancienne mission à visée éducative, mise en place par les Pallostines au siècle dernier : on y apprenait la Bible, mais aussi à lire, écrire, et à travailler parmi les Blancs. Puis la mission est devenue pole de déportation pour les Générations Volées. Pas une des pires institutions mais une des plus massives. Aujourd’hui, Beagle Bay est l’endroit au monde où se commettent le plus de suicides. Principalement parmi les jeunes. La ganja (shit ou marijuana) fait des ravages, comme partout. On rejoint Dallas et le Père dans l’église, petit joyau de kitsch : l’autel est entièrement fait de coquilles nacrées, entières ou en morceaux, récupérées sur les plages alentours ; mosaïques et icônes comme des cadeaux de Fêtes des Mères, de la section petite classe de maternelle, grandeur nature. Pourtant, à l’intérieur, même paix que dans toute église au monde, les dorures en moins. Elle me charme, en fait, cette petite église. Le Père informe Dallas qu’un jeune de 17 ans s’est pendu hier, à Beagle Bay. La communauté est en plein Sorry Business, impossible de rencontrer qui que ce soit.






                                          Storm in NanutarraRH






                                                    Baobab prison

La région de Derby, fameuse pour ses marécages, crocodiles, et extrêmes chaleurs, ses 63% d’Aborigènes sans emploi, est aussi célèbre pour ses baobabs, qui poussent en abondance. Dallas veut nous montrer l’un d’entre eux plus particuliers… Elle restera dans la voiture quand nous nous approcherons de l’arbre immense, au tronc épais, rond et creux. A côté de ce dernier, une photo et quelques explications. Au début du XXè siècle, l’Australie encore en pleine colonisation, les Aborigènes du bush étaient très souvent arrêtés pour vol ou massacre de bétail, lorsqu’ils passaient ou vivaient près des exploitations agricoles alors naissantes. Ils étaient alors enchaînés par le cou, les chevilles et les poignées et devaient marcher jusqu’au centre pénitencier. Des marches de plusieurs jours sous le soleil et la chaleur qu’on connaît. Des marches de 24 à 48kms par jour. La nuit, ils dormaient sans feu et attachés, en plein désert, ou à proximité de fermes. Souvent ils s’arrêtaient à la Prison Boab Tree, le grand baobab creux dont je parlais plus haut : entassés à l’intérieur, dans l’obscurité quasi-totale, sans boire et manger, parfois pendant des jours. Une photo d’époque montre un rang d’indigènes bien alignés, la tête emprisonnée par les chaînes, devant le baobab dans lequel on va les forcer à rentrer.




Par dsetautres
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Lundi 26 mai 2008
Nelly Reffet, une ancienne élève du collège, nous a envoyé quelques photos de Perth où elle réside actuellement.







    Perth vue du parc de l'esplanade





 La plage de Leighton est une des nombreuses plages de la ville.



Little Salmon Bay est située à Rottnest Islad, une petite île interdite aux voitures, à une heure de bateau de Perth où les habitants de Perth viennent passer leur week-end.
Par dsetautres
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Mercredi 21 mai 2008

Je me souviens…

Le collège du "16 avenue Antonin Vallon" est étonnamment présent dans ma mémoire, bien sûr parce que j’y fus élève au début des années 1970, après l’école Pasteur, mais aussi parce que j’en ai été plus longuement un "habitant", ma mère, intendante de l’établissement, y occupant un logement de fonction.

 

                1967-68. Je suis le 3ème à partir de la gauche au premier rang

Je me souviens donc de ces longs couloirs sombres, de ces hautes fenêtres et de ce superbe hall d’entrée à colonnes et escalier majestueux qui, dans mon imagination, faisait ressembler ce collège à un palais impérial, façon bas-Empire. Je me souviens de ce réfectoire en sous-sol dans un décor de bunker, "Maginot ambiance" ou façon villa du Docteur Müller dans Tintin au pays de l’or noir. Je me souviens de ces salles sous les combles, surchauffées dès le mois de mai, dédiées à ces enseignements dits "secondaires" qu’étaient la musique (Madame Forget !) ou les "Travaux manuels éducatifs"…


Je me souviens surtout de figures de professeurs, M. Magnan, qui "aggrava" encore mon intérêt pour l’histoire, dont je fis profession, M. Chaléat, sans doute parfois désespéré par mon désintérêt pour l’EPS, Mme Gravier en Français et Latin, Mlle Unbekant, jeune (et charmante) professeur d’allemand qui me fit aimer cette langue, mais aussi de beaucoup d’autres…

Je me souviens du CES 16 rue Antonin Vallon, de son ambiance si particulière, mais aussi de son environnement immédiat : "cléricaux" voisins des Maristes, mais, surtout pour nous, mini-golf et piscine municipale où j’ai passé tant d’heures.

Bon anniversaire au collège !

 

G.V

Par dsetautres
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Mardi 20 mai 2008
"Ma relation avec le collège en 4 étapes.

- Septembre 1970. Inquiétude et enthousiasme.

Un moment fort que celui d'entrer en 6ème. Paumés, petits par rapport aux grands de 3ème, impressionnés.
On sait que ce qui va se passer ici est important. Nos parents nous le répètent assez.
Un nouveau mode de vie, une nouvelle organisation, un peu plus de liberté, et... la mixité.
Je suis d'une génération pour qui c'est une nouveauté.
Ces 4 années sont belles dans cet univers chargé d'histoire, impressionnant par la hauteur de ses murs...
De nouvelles  rencontres qui marquent, l'amitié qui se forge, le travail qui augmente, la structure intellectuelle qui se façonne.
Le CES (appellation d'origine) était vraiment ce lieu d'intégration et de mixité sociale. Tout le monde se connaît dans une petite ville, et pour beaucoup nous restons liés encore aujourd'hui. Nous avons construit de belle aventures humaines.
Moi qui n'ai jamais quitté ma ville, je croise régulièrement d'anciens camarades de classe, dont beaucoup sont restés des amis.
Quelques-uns de façon aléatoire. Jean Michel Carre, l'infirmier du bout du monde, aujourd'hui en poste en Nouvelle-Calédonie. Richard Blain, le policier sympa, intégré dans l'agglo. Sylvain Kéloglanian, le communicant dandy toujours affable. Corinne Arnaud, la jolie commerçante qui entreprend. Bernard Gire, le serviteur de l'Etat rural, secrétaire général de la sous-préfecture de Die. Hervé Bittoun, le magicien de génie, devenu Dani Lary. Mon frère, bien sûr. Une pensée particulière pour Agnès Bourgne, la fidèle prof de sport... au collège, 38 ans après, pour Patricia Girardini et Jacques Chaléon, partis beaucoup trop tôt. Et beaucoup d'autres, mais c'est un blog, pas un journal intime de souvenirs!!!...  Ne tombons pas dans la nostalgie ou la sensiblerie.
Quedire des profs dont beaucoup m'auront marqué. Mrs, Mmes et Melles Chevalier, Chastanier, Goudard, Magnan, Chaléat. Une pensée pour la prof de musique et son guide chant d'un autre temps...
Une pensée particulière et appuyé pour 2 d'entre eux. Alain Roux, l'excellentissime documentaliste, devenu un ami. Celui qui vous fait aimer apprendre, tant ses qualités humaines sont grandes. Et je ne parle pas des balbutiements du labo photo que j'avais l'honneur d'animer à ses côtés. Michel Reynouard arrivé tout jeune de Nice et qui a déjà pris sa retraite !!!... Aie, nous vieillissons tous!
Cette 1ère étape, sur laquelle je me suis le plus arrêté, est forcément la plus chargée en souvenirs.


- Septembre 1995. Honneur et nostalgie

Elu maire de Bourg de Péage depuis quelques mois, je reviens au collège avec un brin de nostalgie et surtout beaucoup d'honneur.
C'est notamment grâce à l'école laïque et républicaine, à ce qu'elle m'a apporté, que j'ai  pris conscience de certaines valeurs, et que je me suis lancé en politique. Retourner au collège comme maire, accompagné du principal pour une visite de l'établissement fut pour moi un grand moment d'émotion. Je n'y étais jamais revenu depuis la fin de 3ème.
 Par mes fonctions, j'ai toujours essayé d'aider au développement de cet établissement, en répondant le plus et le mieux possible aux demandes. Quant au fameux rideau du gymnase, promis et réalisé, nous l'avons fêté dignement. Mais là, ce n'est pas racontable... Les élus de la ville ont toujours été très proches du collège.
Il faut dire que lorsque l'on est élu et parents d'élèves, nous sommes particulièrement sensibilisés. C'est le cas de Nathalie Niéson, notre maire, et de Sylvie Ottone, notre maire-adjointe à l'éducation. L'éducation demeure une priorité pour la municipalité. Nous sommes aux côtés des parents d'élèves et de la communauté éducative pour un meilleur environnement possible. Nous avons toujours soutenu les échanges avec Schwaz grâce à Michelle Kastner, ou avec San Felui de Guixols grâce à Lina Panassié...

- Septembre 2000. Responsabilité et souvenirs.

Mon fils aîné, David fait son entrée en 6ème, le second, Alexandre le suivra une année plus tard. Je les ai accompagnés pour leur 1ère rentrée au collège.
J'ai revécu ce parcours initiatique comme papa ! A la fois drôle et angoissant. Ils arrivaient dans l'inconnu, je revoyais des images connues et vécues.
Ils passèrent eux aussi 4 belles années. La vie n'est-elle pas un éternel recommencement ?!...


- Septembre 2004. Action et ambition

30 ans après mon 1er départ du collège, me voilà président du conseil général de la Drôme, et à ce titre, responsables des 37  collèges  du Département, donc de celui de Bourg-de-Péage sur lequel je veille tout particulièrement. La vie des collégiens m'importe plus que tout.
Avec les moyens de l'institution départementale, je m'efforce de faire le mieux pour eux. Cartable allégé pour les 6èmes, .... Je m'arrête là, car je ne suis plus dans les souvenirs, mais dans l'action. Donc plus dans la commémoration du centenaire.

- Conclusion. Provisoire avant le bi-centenaire !

Si ce collège fonctionne bien, nous le devons à trois groupes humains.
Les principaux. Et à travers eux leurs équipes administratives.
L'historique-tranquille : Piétri. Le visionnaire-développeur : Dupuis.
Le gestionnaire-calme :Paquien. Le moderne-booster : Saby.
Les enseignants. Toutes les équipes de profs motivés, souvent freinés dans leur élan par leurs ministres ( de droite comme de gauche), mais toujours très professionnels avec la volonté de former de futurs adultes émancipés et citoyens. Une pensée à Mmes Masliah pour son travail sur la mémoire, et Curiot pour son ouverture d'esprit et ses invitations à témoigner auprès de ses élèves.
Les délégués des parents d'élèves. Précieux dans les CA pour défendre leurs enfants. Une pensée pour Mmes Petit, Challier et Carré pour leur investissement incessant pour tous, au moment où l'individualisme est fort.

Et enfin une pensée à tous ceux sans lesquels ce collège n'existerait pas : LES ELEVES.

Bon anniversaire, bon centenaire à toutes et à tous.
Bon anniversaire à ce vieux collège qui en a vu passer des milliers et des premières expériences. Le 1er amour ? Le 1er bisou ? La 1ère cigarette au fond derrière l'actuel CDI !!!..... Mais surtout une belle éducation.
Cet anniversaire est aussi un HYMNE A LA LAICITE, valeur fondamentale sans laquelle la République ne serait pas ce qu'elle est.
Bon anniversaire au collège de l'Europe Jean Monnet."

Didier GUILLAUME
Ancien élève de 1970 à 1974
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Mardi 13 mai 2008
Je garde un excellent souvenir de mes années passées au Collège de  l'Europe !
Il m'en reste des images de fous rires avec les copains, de bonne  humeur  et bien sûr de nos blagues pour taquiner les profs !
Je crois que c'étaient mes plus belles années de scolarité ! Parce  que les profs étaient humains , plein d'humour et qu'ils faisaient  tout ce qu'ilspouvaient pour rendre leurs cours plus vivants !
Pour être honnête , je ne me souviens pas de grand chose concernant  le programme  d' Histoire, de Math ou de Français... C'est tellement  loin !
Et puis de la cinquième à la troisième, on ne voit pas toujours  l'utilité de tout ce qu'il y a à apprendre !
Je me souviens par contre de la bonne humeur des profs, de leur  patience, de l'atelier vidéo qui a marqué les prémices de mon  métier de cadreuse.
C'est justement ça que j'ai aimé dans ce collège, parce que  finalement, le plus important à transmettre, c'est le goût d'apprendre, c'est l'envie de comprendre les choses ... Et ça, je le garde précieusement !

Myriam Kastner


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Jeudi 8 mai 2008
Voici dix images prises lors de la visite d'Anne Pierjean au Collège. Les élèves lui ont présenté une adaptation théâtrale de son roman Paul et Louise qui raconte l'histoire de ses parents au début du vingtième siècle, je crois, d'où les jolies coiffes et les belles robes paysannes. Qui se reconnaît ?
Dominique Renard
























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Jeudi 8 mai 2008
J’ai été élève du CES Bourg-de-Péage (comme on disait alors) au milieu des années 1970. Cela paraîtra bien lointain. C’était sans doute une autre époque et, pourtant, c’était hier. Pompidou était président (on disait dans la cour : « Pompidou pompe les sous ») et Chirac déjà ministre… Beaucoup suivaient l’épopée des Verts de Saint-Etienne et Rocheteau deviendrait bientôt le Français le plus populaire... A Bourg-de-Péage, les usines Mossant, dont les chapeaux avaient «coiffé le monde», vivaient leurs dernières heures… Je vois encore le flot des ouvrières et des ouvriers, avenue général de Gaulle que je descendais à vélo, avant de tourner à droite pour aller au collège…

                           Le mini-golf devant le collège dans les années 70

J’ai vécu l’entrée en sixième comme un moment important, un tournant, surtout après une année d’ennui en CM2. Pourtant, j‘avais apprécié fréquenter l’école Louis Pasteur… L’école était flambant neuve, moderne, lumineuse, débordait d’une vie qui devait beaucoup à une nouvelle génération d’instituteurs, ouverts aux changements du monde ou férus de musique, tel Jean-Claude Sengissen.
Une cousine m’avait vanté combien le collège c’était différent de l’école primaire : on avait une cohorte d’enseignants, on changeait de salle toutes les heures, on découvrait des matières nouvelles, on allait parler des langues étrangères…Que de sujets d’étonnements ! C’était sortir de l’enfance, pousser la porte d’entrée dans la vie adulte.
Ce magnétisme était toutefois tempéré par l’impression que dégageait le CES. Je veux dire l’immeuble. Le bâtiment de l’avenue Antonin Vallon semblait comme une forteresse d’un autre âge, hautaine, sorte de Poudelar péageois, défiant l’autre collège (ou plutôt l’autre école), en face, Les Maristes. Rien à voir avec Louis Pasteur.
Cette inquiétude explique probablement pourquoi je ne me souviens pas de mon entrée en sixième… La mémoire a fait son travail de sélection et éliminé un moment qui n’a pas dû être agréable, bien qu’il fût très attendu…
Et, à l’intérieur, le collège était bien comme on pouvait l’imaginer du dehors. Une grande bâtisse, certes bien entretenue, mais pas très humaine. Cela ressemblait à un grand séminaire ou à une caserne reconvertis en école. On avait le sentiment de plonger cinquante ans en arrière… alors que se profilait l’an 2000 que nous imaginions (si je peux me permettre cet anachronisme) comme dans Blade Runner.
Il y avait ces hauts plafonds, ces longs couloirs, ces escaliers assez étroits avec leur flux montant et descendant, ces combles aménagées où étaient relégués les cours de musique et de travaux manuels, ce centre (ou plutôt ce corridor) de documentation du 1er étage (de surcroît avare de sa documentation), ces bureaux du rez-de-chaussée qu’occupaient des personnels administratifs, avec leurs fonctions mystérieuses et leurs routines. Les professeurs, tels des génies sortis de leur boite, ne faisaient leur apparition que lors des cours avant de disparaître aussitôt. Un tableau noir dans le hall d’entrée signalait leurs absences. Cette organisation du travail avait quelque chose de déroutant pour les nouveaux venus (et pas seulement eux)… mais, implicitement, on y apprenait beaucoup sur les réalités de la société, les distinctions sociales, la bureaucratie, l’intrumentalisation du savoir…

                                       De hauts plafonds et un escalier monumental

L’arrivée au collège ouvrait aussi mon horizon géographique. Je faisais connaissance et liais amitié avec des élèves venus de territoires apparemment reculés et à la dénomination étrange sinon barbare : Jaillans, Beauregard-Baret, Hostun, Rochefort-Samson, Besayes… Heureusement, sauf quelques exceptions, ces Tartars se révéleraient pacifiques. Mon monde se décentrait et s’élargissait…
Bien sûr, j’ai gardé le souvenir de quelques professeurs mais j’en ai oublié beaucoup. Je me souviens surtout, et plutôt en positif, de quelques excentriques ou personnages vieille école… alors que j’ai oublié, souvent, les plus jeunes (c’est curieusement l’inverse de ce que je signalais plus haut pour l’école primaire). Cependant, il ne faut pas généraliser. Par exemple, ma première prof d’histoire-géo, Mlle Dumoulin, qui débarquait manifestement de la fac, m’avait fait découvrir et apprécier une matière à laquelle je deviendrais accro… M. Magnan, que j’ai eu deux années consécutives, nous a également beaucoup captivé (je dis « nous » pour la majorité de ces deux classes qui, je crois, appréciait beaucoup les histoires de l’histoire de M. Magnan).
En 6ème, j’ai eu aussi un étonnant professeur de mathématiques : M. Chevalier. Il était d’une grande clarté et d’une rigueur adjudantesque. Je retiens de cette année avec lui deux mots : « fumiste », qu’il assénait à tout élève qui deviait du chemin qu’il avait fixé et «persévérez» qu’il inscrivait sur les bonnes copies. Longtemps, je me suis demandé ce que ce mot signifiait. On aurait dit une amulette.
En 5ème, j’ai eu une prof de français qui semblait sortir d’un film de Marcel Pagnol : Mme Ridet. Elle enchaînait rédaction sur rédaction. C’est sans doute avec elle que j’ai appris à écrire… alors que l’exercice paraît démodé sinon abandonné aujourd’hui… J’ai appris aussi qu’il fallait prononcer le s de mas (ferme provençale)… ou le contraire. Je ne sais plus…
Bien sûr, je ne peux pas oublier cette prof de sciences naturelles qui occupait une salle, équipée comme un laboratoire d’opérette, au 2ème étage. Elle en était la pythie. Je me souviens de son racisme anti-bic qui tenait, je dirais, d’un refus du monde contemporain, sinon, paradoxalement, de la nature. Si elle n’encourageait pas les vocations pour sa discipline, réussir à l’apprivoiser introduisait empiriquement (et sans le savoir) à l’éthologie. Le professeur de latin était une autre déclinaison de ces enseignants imprévisibles mais pour lesquels nous avions une sympathie perverse. Nous n’étions que 8 à suivre ses cours… On avait le sentiment de composer une petite franc-maçonnerie, très soudée. La matière paraissait évidemment anachronique. A quoi pouvait bien servir l’apprentissage d’une langue antique à la veille du troisième millénaire ? Cela laissait interdits nos camarades. Mais cet anti-conformisme nous a  permis de découvrir Psyché, les Métamorphoses, L’art d’aimer d’Ovide… et de percer quelques secrets.
Il y avait aussi l’anglais ou l’italien avec M. Chastagnier et Mlle Porcellana qui, plus que d’autres,  s’efforçaient de faire vivre la langue qu’ils enseignaient, encourageaient sa pratique parlée… Hélas, cela ne m’a pas familiarisé suffisamment avec les langues de Shakespeare ou de Dante. Cela reste un petit handicap dans mon métier aujourd’hui et m’a fait louper quelques opportunités professionnelles. Dommage, me semble-t-il, qu’on ne fasse toujours pas des langues une priorité, qu’on se disperse, qu’on ne repense pas sérieusement leur enseignement… à l’heure de Europe et de la mondialisation qu’on agite trop souvent comme des épouvantails.
Il y avait enfin les cours de gym. Je détestais ces tours de stade ou ces cross que nous imposaient, de façon tyranique et bonhomme, des individus en survêtement du 1er janvier au 31 décembre, avec un sifflet pour collier. Je n’appréciais guère non plus les cours de dessin et, pourtant, j’aimais dessiner. Les profs d’arts plastiques (comme on dit aujourd’hui), par leurs exigences bizarres, avaient plutôt tendance à nous inhiber plutôt qu’à encourager notre créativité.
On aura deviné que je n’ai pas vraiment de nostalgie pour ces années au collège. Ce fut comme un long transit. Je regrette l’absence de vie collective : pas de journal de collège par exemple, pas d’ensembles musicaux ou de spectacles montés en commun, pas de découvertes extérieures ou de voyages scolaires, des enseignements éclatés, déconnectés les uns des autres et, parfois, aveugles. Le CES était une grande maison dans laquelle se croisaient des individus (élèves, enseignants, administratifs) sans vaiment se rencontrer. C’était un peu comme une usine sans objectifs de production bien définis. Si cela n’excluait pas des affinités ou complicités entre élèves, les trajectoires respectives semblaient déjà tracées, les mondes cloisonnés… Le temps et la volonté ont certainement corrigé ces inclinaisons. Bon anniversaire.


Dominique Andolfatto
 
(Nancy, 8 mai 2008)

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Jeudi 8 mai 2008
Paul Vincensini est venu rencontrer des élèves qui avaient travaillé sur ses textes en 1980 ou 1981. Après sa mort, Dominique Renard a même plaidé sans succès pour que son nom soit donné au collège qui ne s'appelait alors que CES rue Antonin Vallon.

Deux poètes sont venus au début des années 80 : Sylvain Dubois (Chasseur d'aube) et Jean-Jacques CellyRâpures).

La rencontre avec Anne Pierjean  en 1988 a donné lieu à un film-interview réalisé avec les élèves.

Daniel Pennacest venu aussi rencontrer les élèves alors qu'il venait de faire paraître dans Je Bouquine la première version de Kamo.

Andrée Chedid (oui, la grand-mère de M) était à Romans en 1993 pour une représentation de l'adaptation de l'Enfant multiple, Omar-Jo, l'enfant des manèges à laquelle ont assisté des élèves.

Jean Joubert (romancier et poète né en 1928 ; son quatrième roman L'homme de sable (Grasset) a obtenu le prix Renaudot en 1975 ; et Les Poèmes 1955-1975 a eu le prix de l'Académie Mallarmé en 1978. Meilleur roman jeunesse en 1988 pour Les enfants de Noé)  est venu au collège en 1994.


Franck Pavloff est venu pour parler de son roman Pinguino en 1995.

L'an dernier, Yves Beaujard, illustrateur de plus de 200 romans et albums documentaires pour la jeunesse a rencontré des élèves de 6ème.



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Dimanche 4 mai 2008
Dani Lary,  le magicien bien connu (voir son site officiel ), est passé par le collège. Il nous a envoyé un petit texte :



Je suis allé au Collège de ma 6ème à ma 3ème.
Je n'aimais pas du tout l'école car je n'avais qu'un seul rêve : être  magicien.
Mais il n'y avait pas d'école pour ça !
Je garde un très bon souvenir de Madame Mounier et Madame Magnan,
qui, elle, avait vu avant ma mère que j'avais des dispositions artistiques.
D'ailleurs je la cite dans mon livre
Autobiographie d'un magicien(1), page 28.  
J'étais nul en français, math, histoire et géo.
En revanche j'étais surdoué en peinture et art plastiques.
Je faisais en classe des reproductions de Vlaminck et de Van Gogh.
J'aurais pu être faussaire en peinture !!!  Mais ce n'est pas un  métier honnête.
Quoique faire croire au public que les pianos volent ...
ce n'est pas non plus un métier très courant, mais je suis très heureux dans ma passion.
Je souhaite à tous les élèves de passer une bonne scolarité dans un 
établissement aussi beau que celui-ci, chargé d'histoire.
Bon anniversaire !

Dani Lary

1.  début du chapitre 11 : Je poursuivis cahin-caha ma scolarité. Pour le passage du primaire au secondaire, décision avait été prise de m'orienter vers ce que l'on appelait pudiquement les « classes de transition ». Très en vogue dans les années 1970, ce système devait permettre une meilleure prise en charge des élèves en situation de difficulté ou d'échec scolaire. Dans les faits, ces passerelles constituaient, je n'hésite pas à l'affirmer, des voies sans issue. Autrement dit, des voies de garage, ni plus ni moins. On y regroupait pêle-mêle, et sans la moindre distinction, tous ces gosses jugés irrécupérables ou appelés à ne «jamais rien faire de leur vie ». En cinq mots comme en cent, le rebut de l'éducation. La honte du système éducatif français, par ailleurs si performant lorsqu'il veut bien s'en donner la peine.
J'ai vécu ce rejet, cette exclusion comme un véritable choc. Une profonde blessure. Une injustice. Je n'étais pas plus stupide qu'un autre. Ma place n'était pas là, et d'autres le pensaient aussi. Hormis mes parents - normalement soucieux à mon sujet-, quelques trop rares enseignants partageaient cet avis. Pour eux, mes difficultés à parler et à écrire correctement le français, mon manque de résultats ne justifiaient pas cette mise à l'écart. Ils n'hésitèrent pas à plaider ma cause, lors de mon entrée au collège, devant le directeur de l'établissement afin que j'intègre une classe dite « normale ». Je me souviens notamment de Mme Magnan, déjà citée, pour laquelle il était absurde et regrettable de vouloir exclure un enfant qui possédait une intelligence et une vivacité hors des sentiers battus, une perception des choses peu ordinaire. Ces professeurs avaient su percevoir dans ma personnalité, dans mon comportement, au-delà des apparences, cette sensibilité à fleur de peau qui faisait de moi un garçon différent des autres. Ils avaient parfaitement compris que les habits trop étriqués et formatés du système éducatif ne me convenaient pas. Ils savaient qu'il existait d'autres costumes dans d'autres vestiaires qui me permettraient de m'épanouir totalement. Ils ignoraient cependant que ce serait dans les habits d'un illusionniste.



Ses soeurs étaient là aussi à l'époque de la maternelle Antonin Vallon.



Anita Lary est la 4ème en partant de la gauche premier rang (assise, habillée comme un garçon)
Monique est la 6ème en partant de la gauche troisième rang (debout, blouse rouge, toutes dents dehors)



 
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